Le 4 janvier 2017, je rentre en France après avoir passé près de deux ans en Australie. Mon objectif est de construire une situation plus stable, notamment sur les plans professionnel, financier et résidentiel.
Je ne reviendrai pas ici sur ce qui s'est passé entre mon retour en janvier et le mois de mars 2017. Cette période fera l'objet d'une publication distincte.
Pour différentes raisons personnelles et familiales, vivre chez un membre de ma famille n'était pas une option envisageable. Je devais donc trouver un logement par mes propres moyens.
En mars 2017, je commence une mission d'intérim en tant que responsable de la communication dans une entreprise d'architecture, avec une perspective d'embauche en CDI. Ma rémunération est d'environ 2 500 € nets par mois.
Malgré ce revenu, mon contrat d'intérim constitue un obstacle pour accéder à un logement indépendant par l'intermédiaire d'une agence immobilière.
Vers avril 2017, je trouve une colocation à Paris. Je paie 750 € mensuels pour une chambre d'environ 8 m² dans un appartement de deux pièces. La personne qui me loue cette chambre, une femme d'une soixantaine d'années, occupe le salon d'environ 20 m². Il s'agit, selon les informations dont je dispose, d'un logement social.
Je dispose donc d'un emploi à temps plein et d'un revenu régulier, mais mon statut contractuel limite mes possibilités de logement.
En juin 2017, j'organise un déplacement professionnel à Copenhague, au Danemark.
Lors d'un dîner réunissant les collaborateurs présents, le directeur me demande d'annoncer le programme du lendemain. Je précise que le départ est prévu à 7 heures depuis le hall de l'hôtel.
Le directeur m'interrompt devant l'ensemble des participants en me disant : « Ferme ta gueule. »
Il me reproche de ne pas avoir précisé que les collaborateurs doivent se présenter avant 7 heures, puisque le départ est fixé à cette heure exacte.
À mon retour, je signale cet incident à mon agence d'intérim ainsi qu'à la responsable des ressources humaines indépendante intervenant pour l'entreprise.
Le comportement du directeur m'est alors présenté comme une caractéristique de son tempérament, avec laquelle je dois composer.
Aucune solution concrète ne m'est proposée à la suite de ce signalement.
Je reste néanmoins dans l'entreprise jusqu'en 2018, principalement pour des raisons financières et pour poursuivre le remboursement des dettes accumulées pendant mon séjour en Australie.
2018 — Logement et changement d'entreprise
Parallèlement, ma colocation devient difficile à gérer.
Ma colocataire organise régulièrement des soirées avec son compagnon et d'autres personnes. La cuisine reste parfois occupée ou encombrée, ce qui limite son utilisation. Plusieurs discussions n'entraînent pas d'amélioration durable des conditions de cohabitation.
Vers avril 2018, j'annonce mon départ sans avoir encore trouvé de nouveau logement.
Après plusieurs recherches, je parviens à louer un appartement de 21 m² dans le 12e arrondissement de Paris, avec un petit balcon.
Je peux désormais organiser mon espace selon mes besoins, notamment pour dormir, travailler sur mon ordinateur et recevoir des visiteurs.
Il m'aura fallu plus d'un an après mon retour pour accéder à un logement indépendant.
Sur le plan professionnel, je poursuis mes recherches afin de quitter l'entreprise d'architecture.
Je participe encore à plusieurs déplacements professionnels, dont un séjour de quatre jours à New York. L'objectif de ce dernier est notamment de visiter des entreprises engagées dans des démarches environnementales.
Ce déplacement, effectué par un groupe d'environ vingt personnes selon mes souvenirs, contraste avec les préoccupations écologiques mises en avant par l'entreprise.
En juillet 2018, une autre agence d'intérim me contacte pour un poste dans le domaine de la vidéo.
Après deux entretiens, j'obtiens le poste. Je signe un contrat d'intérim de deux mois, destiné à permettre une évaluation avant une éventuelle embauche en CDI.
La rémunération proposée est inférieure à celle de mon précédent emploi. L'intermédiaire chargé du recrutement m'indique toutefois qu'une renégociation sera possible au moment de la signature du CDI.
Au cours du deuxième mois, après un déplacement professionnel durant lequel je réalise une vidéo, le directeur souhaite anticiper mon embauche définitive.
Cette signature anticipée a une conséquence financière : je ne perçois pas les primes d'intérim que j'avais prévu de toucher.
Au moment de la signature, je demande donc une révision de mon salaire, conformément à ce qui avait été évoqué avec l'agence.
Le directeur refuse dans un premier temps, avant de proposer de trouver un arrangement.
Premier bilan
Entre janvier 2017 et la fin de l'année 2018 :
J'ai retrouvé un emploi quelques semaines après mon retour en France.
Malgré une rémunération d'environ 2 500 € nets, mon statut d'intérimaire a limité mon accès au logement.
J'ai payé 750 € par mois pour une chambre d'environ 8 m² pendant près d'un an.
J'ai signalé une insulte publique de mon directeur sans obtenir de réponse permettant de résoudre le problème.
J'ai conservé cet emploi pour assurer mes revenus et rembourser mes dettes.
J'ai finalement obtenu un appartement indépendant et changé d'entreprise.
Ce changement professionnel s'est accompagné d'une baisse de rémunération initiale et d'une négociation salariale non anticipée par mon nouvel employeur.
Mon retour en France avait pour objectif de réduire l'instabilité de ma situation. Durant ces deux premières années, l'accès au logement et la continuité de mes revenus sont restés étroitement dépendants de mon statut professionnel et des conditions imposées par mes employeurs.
À la fin de l'année 2018, j'avais enfin remboursé l'ensemble de mes dettes : impôts, prêts consentis par des amis, remboursement de frais funéraires liés au décès de mon père, entre autres. C'était un véritable soulagement.
Je ne possédais rien de particulièrement coûteux. Je n'avais aucun patrimoine, aucun bien immobilier, aucun héritage reçu et je savais que je ne devais compter sur aucun héritage futur. Même mon ordinateur, pourtant mon principal outil de travail personnel, m'avait coûté moins de 500 €.
Mais j'avais désormais un appartement que je louais à Paris, un poste en CDI avec un salaire d'environ 2 000 € nets par mois et plus aucune dette à rembourser.
Pour la première fois depuis mon retour, je pensais être enfin en mesure de mettre un peu d'argent de côté, de commencer à constituer mon propre patrimoine et de construire progressivement la stabilité pour laquelle j'étais revenu en France.
À suivre.

