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On ne peut pas se mentir devant un miroir

You de Janet Jackson

Et si la personne qui nous empêche le plus d'être nous-mêmes n'était pas toujours celle que l'on croit ? Avec You, Janet Jackson nous entraîne dans une confrontation beaucoup plus intime que le regard des autres : celle que nous entretenons avec nous-mêmes.

Il y a des chansons qui prennent un sens différent selon les moments de notre vie. On les écoute pendant des années sans nécessairement en saisir toute la portée, jusqu'au jour où quelques mots semblent soudainement nous parler directement.

C'est ce qui m'est arrivé avec You, un titre de Janet Jackson extrait de son album The Velvet Rope, paru en 1997.

Une phrase, en particulier, m'est revenue en tête :

« Trying to please everyone, sacrifice your own needs. »

« Essayer de satisfaire tout le monde, au point de sacrifier ses propres besoins. »

Ces quelques mots résument un mécanisme que l'on connaît probablement tous : celui qui consiste à s'adapter aux autres, à éviter les conflits, à maintenir des relations, parfois même à préserver l'apparence d'amitiés qui ne correspondent plus vraiment à la réalité.

On finit par faire passer les besoins des autres avant les siens. On accepte certaines situations, on minimise ses déceptions, on se convainc que les choses vont s'arranger. Il arrive aussi que l'on s'accroche à des relations dont on connaît pourtant les limites, que l'on sait parfois néfastes pour notre équilibre, mais auxquelles on continue de donner une place. Par attachement, par habitude ou simplement parce qu'il est difficile d'admettre qu'une relation ne nous apporte plus ce dont nous avons besoin. Et, progressivement, on perd de vue ce que l'on veut réellement.

Mais You ne parle pas seulement de cette difficulté à exister face aux autres. La chanson nous invite à regarder plus loin.

Après le regard des autres, le regard sur soi

Pour comprendre la place de You, il faut revenir à l'univers de The Velvet Rope.

Avec cet album, Janet Jackson explore les blessures intérieures, le besoin d'appartenance, le rejet, la solitude, la sexualité et les difficultés à accepter toutes les dimensions de son identité.

La corde de velours symbolise cette frontière qui sépare ceux que l'on laisse entrer de ceux que l'on maintient à distance. Elle évoque aussi les barrières que nous construisons pour nous protéger, parfois au risque de nous isoler.

Mais dans l'enchaînement de l'album, quelque chose de particulièrement intéressant se produit.

Après le morceau-titre Velvet Rope, Janet Jackson semble déplacer la frontière.

La corde n'est plus seulement entre nous et les autres. Elle devient intérieure.

Car une fois que l'on a cessé de se demander si les autres vont nous accepter, une autre question apparaît : qu'est-ce que nous nous racontons à nous-mêmes lorsque personne d'autre n'est là pour parler ?

C'est précisément là que You devient intéressant.

Cette voix intérieure qui prétend savoir qui nous sommes

Dans You, Janet Jackson semble s'adresser à une personne qui a passé une grande partie de sa vie à se construire une identité qui ne correspond pas nécessairement à ce qu'elle est profondément.

Une autre phrase particulièrement révélatrice exprime cette contradiction :

« Spent most of your life pretending not to be the one you are but who you chose to see. »

« Tu as passé la majeure partie de ta vie à prétendre ne pas être celui ou celle que tu es, mais plutôt celui ou celle que tu as choisi de voir. »

Cette idée est particulièrement forte parce qu'elle ne parle plus simplement de l'image que les autres ont de nous. Elle évoque l'image que nous avons nous-mêmes fabriquée.

Nous avons tous une représentation de notre personne. Une histoire que nous nous racontons, des qualités que nous revendiquons, des défauts que nous acceptons difficilement, des expériences que nous préférons oublier.

Mais cette représentation n'est pas toujours fidèle à la réalité.

Parfois, nous nous enfermons dans une version de nous-mêmes qui nous rassure. Nous préférons croire que nous sommes quelqu'un de patient, de généreux, de compréhensif, de solide. Nous nous attribuons certaines intentions, même lorsque nos comportements racontent une histoire différente.

Et c'est là que le miroir devient inconfortable.

Parce qu'il ne suffit pas de regarder son reflet pour se connaître. Encore faut-il accepter ce que l'on y voit.

Le juge le plus difficile à affronter : soi-même

You me fait penser à cette voix intérieure que nous connaissons tous.

Celle qui observe, juge, encourage, décourage, rappelle les échecs, invente parfois des limites et transforme certaines expériences en vérités définitives.

Elle peut nous répéter que nous ne sommes pas assez bien, que nous avons échoué, que nous aurions dû agir autrement. Elle peut aussi nous donner raison lorsque nous refusons de reconnaître notre part de responsabilité.

Le plus troublant, c'est que cette voix utilise notre propre voix.

Nous pouvons passer notre vie à résister au regard des autres, à refuser leurs règles et leurs attentes, tout en restant prisonniers d'un juge beaucoup plus difficile à confronter : nous-mêmes.

C'est peut-être l'une des lectures les plus intéressantes de cette chanson : nous ne sommes pas uniquement façonnés par ce que les autres pensent de nous, mais aussi par ce que nous choisissons de croire à notre propre sujet.

Et parfois, nous sommes les premiers à entretenir les illusions qui nous empêchent d'avancer.

Arrêter de jouer un rôle, même devant soi-même

Ce qui rend cette chanson particulièrement intéressante, c'est qu'elle peut aussi être entendue comme une invitation à reprendre possession de son identité.

Ne plus chercher systématiquement à satisfaire tout le monde. Ne plus sacrifier ses besoins pour maintenir des relations qui ne nous nourrissent plus. Ne plus confondre la tranquillité apparente avec le bien-être réel.

Mais cela implique une forme de responsabilité personnelle.

Il faut accepter de regarder ses propres contradictions, reconnaître les situations dans lesquelles on s'est menti, comprendre pourquoi on a accepté certaines choses et identifier les rôles que l'on continue de jouer par habitude.

Ce n'est pas nécessairement agréable. Et ce n'est certainement pas une démarche qui consiste à se culpabiliser davantage.

Au contraire, il s'agit de faire la différence entre ce que nous sommes réellement et ce que nous avons appris à devenir pour être acceptés, aimés ou simplement ne pas déranger.

On peut pardonner aux autres de ne pas nous avoir compris. On peut aussi leur reprocher de nous avoir enfermés dans une image qui ne nous correspondait pas.

Mais il arrive un moment où il faut également se demander quelle part de cette image nous avons nous-mêmes entretenue.

On ne peut pas se mentir éternellement devant un miroir

Près de trente ans après sa sortie, The Velvet Rope reste un album dont les thèmes résonnent avec une étonnante actualité. Et You, dans sa simplicité apparente, ouvre une réflexion qui dépasse largement le cadre d'une chanson pop.

Parce qu'au fond, il est relativement facile de dénoncer les attentes des autres, leurs jugements ou leur incapacité à nous accepter tels que nous sommes.

C'est beaucoup plus difficile de reconnaître les compromis que nous avons faits avec nous-mêmes.

La chanson me rappelle finalement une chose : à force de vouloir être la personne que les autres attendent, ou celle que nous avons décidé de montrer, nous risquons de perdre de vue celle que nous sommes réellement.

Et lorsque les autres ne sont plus là, lorsque les conversations s'arrêtent et que les apparences ne servent plus à rien, il reste cette confrontation silencieuse.

Nous pouvons détourner le regard, inventer des justifications, réécrire notre histoire.

Mais il y a une personne à qui il devient particulièrement difficile de mentir.

Soi-même.




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Musique

Cool People - Chloe x Halle



Cette chanson a une signification particulière pour moi. ❤️

Elle m’a aidé à tenir le coup à des moments où j’avais du mal à croire en l’être humain, où les déceptions s’accumulaient et où il devenait difficile de garder foi en quoi que ce soit.

Je me la suis repassée en me répétant qu’il restait sûrement des personnes cool dans ce monde. Des personnes sincères, bienveillantes, capables de te redonner le sourire, de t’apporter un peu de lumière quand tout paraît gris et de te rappeler que tout le monde n’est pas forcément décevant.

Au fond, c’est ce que cette chanson me rappelle : parfois, une seule personne peut changer ta façon de voir le monde. Pas besoin qu’elle te sauve ou qu’elle règle tous tes problèmes. Sa simple présence peut suffire à te redonner un peu d’espoir et à te faire croire à nouveau aux autres.

Alors oui, je me suis accroché à cette idée. J’ai continué à avancer en me disant que ces personnes existaient forcément quelque part, qu’il me restait peut-être de belles rencontres à faire et que le monde n’était pas uniquement fait de mauvaises surprises.

Bon, fin 2026, je cherche toujours… 😂 Mais je garde espoir. À ce stade, je commence quand même à me demander si les personnes cool ne sont pas une espèce protégée, en voie de disparition, dont personne ne m’aurait communiqué les dernières coordonnées. 🤣

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Ce que la taille des arbres m'a appris sur les relations humaines.

En 2015, pendant mon séjour dans les montagnes du Queensland, en Australie, j'ai travaillé quelque temps dans une plantation de finger limes, aussi appelés citrons caviar australiens, dont les fruits peuvent présenter différentes couleurs, notamment du vert au rouge foncé.


L'une de nos tâches consistait à faire du pruning, autrement dit à tailler les arbres. Nous devions notamment repérer et couper ce qu'on appelle en anglais des suckers, des rejets qui poussent généralement depuis la base de l'arbre ou son porte-greffe.

Ce qui m'a particulièrement frappé, c'est la manière dont ces rejets pouvaient se développer au détriment de l'arbre fruitier.

Ils puisaient dans les mêmes ressources : l'eau, les nutriments, l'énergie nécessaire à la croissance. Certains devenaient tellement imposants qu'ils dépassaient les arbres auxquels ils étaient rattachés.

Sur l'une de mes photos, on peut d'ailleurs voir un rejet particulièrement impressionnant. Il était devenu plus grand que l'arbre lui-même et possédait même des épines.

Apprendre à couper ce qui nous empêche de grandir


L'arbre continuait à nourrir quelque chose qui ne contribuait pas à sa production de fruits.

Et c'est en observant cela que j'ai immédiatement fait le parallèle avec les relations humaines.

Nous aussi, nous disposons de ressources limitées : notre temps, notre attention, notre énergie, notre disponibilité émotionnelle.

Et certaines personnes peuvent finir par en absorber une part considérable, parfois sans que nous nous en rendions compte.

Des personnes qui sollicitent constamment notre aide, notre écoute, notre présence ou nos compétences, mais qui ne sont jamais là lorsque nous en avons besoin. Des relations dans lesquelles nous donnons tellement qu'il ne nous reste plus grand-chose pour nous-mêmes, nos projets ou notre propre développement.

Le plus troublant, c'est qu'à force de les entretenir, ces relations peuvent finir par prendre davantage de place dans notre vie que les choses qui comptent réellement pour nous.

Exactement comme ce rejet qui avait fini par dépasser l'arbre dont il dépendait.


Apprendre à couper ce qui nous empêche de grandir


Dans la plantation, la solution était relativement simple : il fallait couper le rejet pour que l'arbre puisse consacrer davantage de ressources à sa propre croissance et à sa production de fruits.

Dans nos vies, c'est évidemment plus compliqué.

On ne coupe pas une relation comme on coupe une branche. Il y a l'attachement, les souvenirs, les habitudes, parfois la culpabilité ou la peur de se retrouver seul.

Mais le principe reste intéressant : parfois, pour continuer à grandir, il faut accepter de se séparer de ce qui nous épuise.

Cela ne signifie pas que chaque relation difficile est toxique, ni que toute personne qui a besoin de nous profite nécessairement de nous. Il s'agit plutôt d'apprendre à reconnaître les relations devenues durablement déséquilibrées.

À l'époque, je trouvais fascinant qu'un geste aussi simple que la taille puisse changer les conditions de croissance d'un arbre.

Avec le recul, je me demande combien de temps et d'énergie j'ai moi-même consacrés à entretenir des relations qui m'empêchaient d'avancer.

Parfois, grandir ne consiste pas à trouver davantage de ressources, mais à cesser de les consacrer à ce qui nous empêche de nous développer.


Apprendre à couper ce qui nous empêche de grandir


Je profite également de cet article pour partager une série de photos prises à cet endroit, durant mon séjour dans les montagnes du Queensland. Elles n'ont pas nécessairement de lien avec la métaphore que je viens de raconter, mais elles permettent de découvrir un peu plus le cadre dans lequel j'ai vécu cette expérience.


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🎵 Velvet Rope — Janet Jackson

Il y a une différence entre être entouré et sentir que l’on appartient quelque part.

C’est probablement l’une des raisons pour lesquelles Velvet Rope de Janet Jackson me parle autant.

Une velvet rope, c’est cette corde que l’on trouve à l’entrée de certains endroits. Elle sépare ceux qui peuvent entrer de ceux qui restent dehors. Ceux qui appartiennent au cercle de ceux qui l’observent.

Et je trouve que c’est une image assez juste de quelque chose que nous recherchons tous, d’une manière ou d’une autre : un sentiment d’appartenance.

Trouver des gens avec qui nous n’avons pas simplement le droit d’entrer, mais auprès desquels nous n’avons même plus à nous demander si nous avons notre place.

Mais Velvet Rope pose aussi une question plus inconfortable : qu’est-ce que nous sommes prêts à faire pour nous sentir à l’intérieur ?




“Put others down to fill us up.”

Cette phrase me frappe parce qu’elle décrit un mécanisme humain assez courant : lorsqu’on doute de sa propre valeur ou de sa place, rabaisser quelqu’un d’autre peut momentanément nous donner l’impression d’être plus haut.

Les groupes ne sont pas immunisés contre ça. Au contraire.

Créer un « nous » signifie parfois, consciemment ou non, créer un « eux ». Quelqu’un qu’on juge, qu’on exclut, dont on se moque ou dont on se sert pour renforcer les liens entre ceux qui restent à l’intérieur.

C’est étrange parce que, de l’extérieur, je n’ai probablement jamais donné l’impression d’avoir beaucoup de difficultés à créer du lien.

J’ai toujours eu une certaine facilité à sourire, à parler aux gens, à socialiser, à rencontrer de nouvelles personnes. Je peux entrer dans une pièce sans connaître grand monde et commencer assez naturellement à discuter.

Mais socialiser et appartenir sont deux choses très différentes.

Je peux être présent.
Je peux rire.
Je peux parler avec tout le monde.
Je peux même parfois donner l’impression d’être parfaitement intégré.

Et pourtant, au fond, j’ai rarement ressenti ce sentiment beaucoup plus profond de pouvoir me dire :

« Ces gens sont les miens. Et je suis l’un des leurs. »

Je n’ai jamais vraiment eu l’impression d’appartenir à une communauté, à une bande, à un groupe ou à un milieu précis.

Et pourtant, j’en ai eu l’occasion.

J’ai croisé des groupes d’amis, des cercles de connaissances, des environnements dans lesquels j’aurais probablement pu m’installer davantage. Mais très souvent, je me suis retenu d’aller plus loin, par méfiance d’abord, et surtout parce qu’il y a quelque chose que je n’ai jamais vraiment su faire : fermer les yeux sur ce qui me semble faux simplement pour préserver ma place.

J’ai toujours eu tendance à confronter les gens à leurs contradictions, à leurs hypocrisies ou à leurs conneries.

Et dans beaucoup de groupes, il existe tôt ou tard une hiérarchie implicite. Une personne autour de laquelle le groupe s’organise, une figure plus dominante, un leader officiel ou non. Et ce genre de position supporte rarement très bien d’être remis en question.

Alors je finis souvent par faire ce que j’ai toujours fait : dire ce que je pense, poser une question qui dérange, refuser une règle implicite, ou ne pas jouer le rôle que l’on attend de moi.

Et progressivement, je me retrouve à nouveau entre l’intérieur et l’extérieur.

Assez proche pour participer.
Pas toujours assez conforme pour appartenir.


Une autre idée de Velvet Rope me semble essentielle :

“Oppressing me will oppress you.”

Je l’entends comme le rappel que la domination finit aussi par enfermer celui qui l’exerce.

Pour maintenir quelqu’un en dessous, il faut maintenir tout un système : décider qui a raison, qui peut parler, quels comportements sont acceptables, qui mérite d’être entendu et qui doit rester à sa place.

Celui qui contrôle les autres finit lui aussi prisonnier de cette structure.

Et dans un groupe, cela peut devenir très subtil. On ne vous interdit pas forcément de parler. On comprend simplement assez vite ce qu’il vaut mieux ne pas dire si l’on veut continuer à appartenir au groupe.

C’est probablement là que mon problème avec l’appartenance commence.

Avec le temps, j’ai compris que ce besoin ne disparaît pas simplement parce qu’on devient indépendant ou parce qu’on sait être seul.

On peut être autonome et continuer à vouloir être reconnu comme un semblable, comme quelqu’un qui fait partie du groupe, et non comme un intrus ou quelqu’un de passage.

On peut aimer sa liberté et avoir envie d’un endroit où l’on n’a plus besoin de se présenter, de s’expliquer ou de s’adapter pour être accepté.

Mais il y a aussi quelque chose de plus inconfortable dans l’idée d’appartenance :

appartenir implique presque toujours, au moins en partie, de se conformer.

Partager certains codes.
Accepter certaines règles.
Respecter certaines hiérarchies.
Ne pas toujours contredire.
Faire parfois comme les autres pour rester parmi les autres.

Et c’est peut-être précisément là que ça se complique pour moi.

Depuis que je suis petit, je n’ai jamais vraiment réussi à faire comme les autres sur une longue durée.

Je peux essayer.
Je peux m’adapter.
Je peux apprendre les codes.

Mais tôt ou tard, quelque chose en moi reprend sa place.

Alors peut-être que mon rapport à l’appartenance est contradictoire : j’ai toujours voulu trouver ma place, sans jamais vouloir payer cette place avec ma liberté de penser.

Et peut-être que notre véritable velvet rope est là.

Dans cette frontière invisible entre le besoin universel d’appartenir et le prix que nous sommes prêts à payer pour rester à l’intérieur.

Parce qu’appartenir demande souvent de se conformer.

Et depuis mon enfance, s’il y a bien une chose que je n’ai jamais réussi à faire très longtemps, c’est faire comme les autres simplement parce que les autres le font.

Peut-être que le défi, finalement, n’est pas de réussir à entrer derrière la corde.

C’est de trouver des gens auprès desquels on n’a pas besoin de devenir quelqu’un d’autre pour pouvoir rester.


🎧 Velvet Rope — Janet Jackson


Bloc de texteTraduction des paroles de Velvet Rope de Janet Jackson
Faire défiler pour lire

We have a special need

Nous avons une envie particulière

To feel that we belong

De sentir qu’on appartient

Come with me inside

Viens avec moi à l'intérieur

Inside my velvet rope

À l'intérieur de ma corde de velours


This special need

Cette envie particulière

That's within us

Celle qui nous habite

Brings out the best

Fait ressortir le meilleur

Yet worst in us

Mais aussi le plus mauvais de nous


Follow the passion

Suis la passion

That's within you

Qui t'habite

Living the truth

Vivre dans la vérité

Will set you free

Te rendras libre


Put others down

Rabaisser les autres

To fill us up

Pour se valoriser

Oppressing me

M'opprimer

Will oppress you

Finira par t’oppresser


Outside leave judgment

Laisse de côté les jugements

Outside leave hate

Laisse de côté la haine

One love's the answer

L'amour est la seule réponse

You'll find in you

Que tu trouveras en toi



🎵 You — Janet Jackson

Juste après Velvet Rope, Janet Jackson semble déplacer la frontière.

La corde n’est plus entre nous et les autres. Elle devient intérieure.

Parce qu’une fois que l’on a cessé de se demander si les autres vont nous accepter, une autre question apparaît : qu’est-ce que nous nous racontons à nous-mêmes lorsque personne d’autre n’est là pour parler ?

You me fait penser à cette voix intérieure que nous connaissons tous. Celle qui observe, juge, encourage, décourage, rappelle les échecs, invente parfois des limites — et que l’on finit facilement par confondre avec la vérité.

On peut passer sa vie à résister au regard des autres, à refuser leurs règles et leurs attentes, tout en restant prisonnier d’un juge beaucoup plus difficile à confronter : soi-même.

Et peut-être que le plus étrange avec cette voix, c’est qu’elle utilise notre propre voix.



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Musique

Trees for the Woods — Amie Blu

Il y a des chansons que l’on écoute, et puis il y a celles qui arrivent à un moment particulier de notre vie et nous permettent de mettre des mots sur ce que l’on ressent. « Trees for the Woods » d’Ami Blue est devenue pour moi l’une de celles-là.


La chanson parle d’une relation qui a fait mal, du sentiment d’avoir été blessé, incompris, de perdre confiance et de finir par remettre en question jusqu’à soi-même. Mais ce qui m’a particulièrement touché est son titre : « Trees for the Woods ». Il fait volontairement écho à l’expression anglaise « You can’t see the forest for the trees », qui signifie que l’on est tellement concentré sur les détails que l’on ne parvient plus à voir l’ensemble.

Mais ici, les mots sont inversés.


Et cette inversion a pris pour moi une autre signification : parfois, il faut sortir de la forêt pour pouvoir regarder les arbres qui la composent.

Quand on est immergé dans ses propres problèmes, on ne voit plus vraiment sa vie. On voit un problème, puis un autre, puis une inquiétude, une déception, une erreur, une injustice. Chaque événement devient un arbre immense qui finit par masquer toute la forêt. On confond alors facilement ce que l’on traverse avec ce que l’on est.

Prendre du recul ne signifie pas nier les problèmes. Cela signifie changer de point de vue. Reculer suffisamment pour comprendre qu’un arbre, même immense, n’est pas toute la forêt.


C’est aussi dans cette réflexion que le 67 a pris une place particulière pour moi. Je le remarque régulièrement dans des choses aussi banales qu’un niveau de batterie, le nombre de likes d’une vidéo ou certains chiffres qui apparaissent au hasard dans mon quotidien. Je ne considère pas cela comme une preuve qu’un message extérieur m’est envoyé. Mais à force de le remarquer, le 67 est devenu pour moi une sorte de repère, une petite balise qui me rappelle justement cette nécessité de prendre du recul.


En numérologie, le 6 est traditionnellement associé à l’équilibre, aux responsabilités et aux relations, tandis que le 7 renvoie davantage à l’introspection, à la recherche de sens et à l’analyse. Et 6 + 7 = 13, puis 1 + 3 = 4, chiffre traditionnellement associé aux fondations et à la reconstruction. Symboliquement, cela me parle : vivre, observer, comprendre, puis reconstruire.

Et contrairement à la tendance récente autour du « 67 » sur les réseaux sociaux, ce n’est pas cette mode qui lui a donné sa signification pour moi. C’est l’inverse : le nombre avait déjà commencé à devenir un repère personnel dans ma réflexion.


Au fond, c’est peut-être cela que cette chanson m’a permis de comprendre : je ne peux pas toujours changer ce qui s’est passé, mais je peux changer la distance depuis laquelle je le regarde.

Sortir de la forêt, regarder les arbres, puis comprendre que même si certains sont difficiles à contourner, ils ne constituent jamais à eux seuls toute la forêt.


Et surtout : un arbre n’est pas toute ma vie.


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Prologue

Qu’est-ce qui fait de nous ce que nous sommes ?

Quelques mois après mon arrivée en Australie, au deuxième trimestre 2015, je faisais du woofing : je travaillais quelques heures par jour en échange du gîte et du couvert. Je me suis retrouvé sur une montagne du Queensland, à environ trois heures de route de B…

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Livre

Préface

Penser trop, s’adapter, chercher le calme.

On m’a dit un nombre incalculable de fois que je pensais trop. Ma famille, mes amis, des médecins, des psys… tout le monde semble avoir eu un avis là-dessus, comme si réfléchir beaucoup était une sorte de panne qu’il fallait réparer. Et évidemment, chaque fois…

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Musique

A Place of My Own — Alicia Keys

Je me souviens être immédiatement tombé amoureux de cette chanson.

Quand Alicia Keys l’a interprétée pour la première fois en public, elle a mis des mots sur quelque chose qui m’accompagne depuis très longtemps :

“Looking for a place to call my own.”

J’ai toujours été en mouvement.

J’ai vécu à différents endroits, je suis parti, revenu, recommencé ailleurs. Et derrière tous ces déplacements, il y a toujours eu cette même envie : avoir enfin un endroit que je puisse vraiment appeler le mien.

Pas simplement un appartement.
Pas simplement une adresse.

Un endroit que j’aurais réellement choisi.

Quand j’y pense, beaucoup de choses que j’ai obtenues dans ma vie l’ont été sous une forme de contrainte : le temps disponible, l’argent que j’avais à ce moment-là, l’urgence, les circonstances, ce qui était possible plutôt que ce que je voulais vraiment.

Même aujourd’hui, l’appartement dans lequel je vis ne me correspond pas vraiment. J’ai envie d’en partir. Et cette vieille recherche est toujours là.

Trouver un lieu dans lequel je ne me sentirais pas simplement installé, mais chez moi.

C’est probablement pour cela que A Place of My Own me touche autant.

Parce que derrière l’idée d’une maison, j’y entends quelque chose de beaucoup plus grand : la possibilité de construire une vie qui ne soit plus seulement une adaptation aux circonstances.

Un espace à soi.
Une vie à soi.
Quelque chose que l’on n’occupe pas par défaut, mais que l’on a choisi.

Et ce qui est étrange, c’est qu’en réécoutant cette chanson aujourd’hui, je ne l’entends plus exactement comme à l’époque.

À l’époque, j’entendais surtout la recherche.

Aujourd’hui, j’entends aussi tout ce qu’il reste encore à construire.

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Essais

Bienvenue dans Notes

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Cette partie du site me sert à partager ce que j’écris, ce que j’apprends et ce que je veux transmettre.


J’y publierai au fil du temps plusieurs types de contenus : des chapitres du livre que j’écris, des réflexions, des documents utiles, des images et des vidéos.

L’idée est simple : faire de cet espace un lieu à la fois personnel et pratique.

On y trouvera donc :

  • des textes liés au livre ;
  • des réflexions et prises de position ;
  • des documents et ressources utiles ;
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Ce n’est pas un blog au sens classique du terme, ni un journal intime. C’est plutôt un espace de publication évolutif, dans lequel je rassemble ce qui mérite d’être partagé, gardé ou transmis.

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